Ma cité a craqué : Grigny est tristement endeuillé

Habiter en banlieue, ce n’est pas tous les jours fameux. Pour autant, nous ne sommes pas malheureux. Des hauts et des bats rythment la vie du quartier. Des tracas et déboires viennent fragiliser la cité. Tels des soldats, nous continuons malgré tout d’avancer les poings fermés et le regard déterminé.

Les embrouilles de cité, ce n’est pas une nouveauté. En revanche, ce qu’il vient de se passer dans le quartier laisse un grand nombre de personne estomaquées. 20 ans que j’habite à Grigny et je n’ai jamais vu ce seuil de cruauté atteint,  jamais ! Ma cité a-t-elle craqué ?

DÉTAILS DU FICHIER JOINT grigny-endeuillé-amazone-hexagoneintersection amazone hexagone

1. Les médias, cette satané source de désinformation

média mensonger cité grande borne

Reporter sans barrière, reporter facho sphère : dans la connerie, ils sont nombreux à exceller ! Résumer le vécu des défunts à un prétendu casier judiciaire… Concrètement, quel est donc le but de ces médias torchons ? À part raviver la hargne des fascho, je ne vois pas trop.

En plus de ne pas respecter la mémoire des disparus, ils enfoncent délibérément un clou dans la blessure. Outrepasser la volonté de la famille est visiblement le cadet de leur soucis… N’est-ce pas le parisien ?! Ternir l’image de personnes qui ne sont plus de ce monde, c’est complètement abject ! Informer, je veux bien. Le faire de manière factuelle et réelle, c’est mieux.

C’est à cœur joie, que les esprits étriqués s’adonnent à toutes sortes de diffamation. Ces accusations calomnieuses alimentent impunément les préjuges sur la cité et elles sont déjà bien trop nombreuses. Tout cela au grand dam, des banlieusards qui mettent les bouchées doubles pour mener une vie décente et un tant soit peu épanouissante.

Parce que OUI, il y a des personnes qui n’attendent pas après les prestations sociales. Qui se tuent dans des tâches contraignantes et ingrates afin de remplir les placards et les armoires. Nombreuses sont nos mères qui s’esquintent la santé afin de nous offrir un avenir serein.

« Pauvre banlieue parisienne, paillasson devant la ville où chacun s’essuie les pieds, crache un bon coup, passe, qui songe à elle ? Personne. » — Louis Ferdinand Céline

2. Le summum de l’horreur

Où sont donc passés nos bonnes valeurs ? Que deviennent ces mœurs qui nous permettaient de rester fier et digne ? À quoi est donc réduit notre grandeur d’esprit, celle qui nous maintient la tête hors de l’eau même quand l’état essaie de nous noyer ?

« Suis-je le gardien de mon frère ? » Seyfu fait un véritable parallèle avec cette parole biblique. Nous avons une grande responsabilité face à la jeunesse. Nous sommes une source d’influence directe et ils s’imprègnent de ce que l’on sème. L’accès à la réussite est plus difficile quand la route est barrée par de multiples péripéties. En revanche, comme le disait Machiavel : « Rien n’est impossible à qui veut fermement. »

Pour arriver à ce genre d’acte déplorable et déloyal, il ne faut plus avoir une once d’humanité en soi. Grandir ensemble pour au final se mettre des bâtons dans les roues ? Pire encore, ôter la vie impunément et gratuitement ?!

Comment peux tu souhaiter la mort de ton prochain ? Qu’est-ce qui pousse un individu à tirer à bout portant et tuer 2 innocents de sang froid ? Une multitude de question se bousculent dans les esprits et ramène à une version hard-core des prémisses de l’humanité.

La fraternité humaine étant inséparable de la rivalité, elle engendre bien souvent la haine et le meurtre. Et dans la rue, le code de l’honneur a malheureusement été remplacé par le summum de l’horreur. A l’instar de l’acte de Caïn/Kâbîl, la question de la responsabilité et de la maîtrise de ses actes se pose.

“Qui comprend l’humanité recherche la solitude.” — Hazrat Ali

3. Ma cité se meurt, la rue est en pleurs

ma cité se meurt, la grande borne est en pleurs

La Grande Borne, cette utopie urbanistique d’Emile Aillaud est réduit à un cauchemar éveillé. Sans s’attarder sur la précarité et l’insalubrité dans laquelle beaucoup sont enlisés. Un aigre constat se dresse. Plus les années passent, plus les mentalités se dégradent. La sarcellite continue de faire des ravages. Le savoir-vivre s’effrite tandis que le vivre ensemble s’appauvrit. Le respect des anciens se ternit et la loyauté par la traîtrise, se fait trahir.

La divergence d’opinion est limite devenue un acte de rébellion. La solidarité est balayée d’un revers par l’envie et la convoitise. Nombreux sont les jeunes qui adoptent la Scarface attitude mais oublient-ils la manière dont Tony Montana termine ?

En tant que parent, l’enjeu est doublement crucial. Beaucoup s’attellent à ce difficile combat, qu’est d’élever son enfant de sorte qu’il ne soit pas happé par la cité et qu’il puisse socialement s’élever. C’est d’autant plus douloureux quand ce sont ces enfants qui injustement, s’en vont de ce monde.

Dans ce brouhaha médiatique et cette incompréhension civique, tout ce que je retiens : c’est les larmes d’une famille déchirée par la douleur. La profonde et solitaire peine émanant des yeux de la mère endeuillée qui se doit de consoler ses enfants, me marquera à jamais.

« Enfants de banlieue, on grandit dans la peur, celle qu’on inspire et celle qu’on éprouve. » — Abd Al Malik

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Ma cité a craqué

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M. et S. étaient loin d’avoir la carrure de dealer ou de malfrats. Bien au contraire, c’était des bosseurs qui mettaient tout en oeuvre pour s’extirper de la cité, cette faucheuse silencieuse. Bout en train pour le cadet, discrétion pour l’aîné : c’est ainsi que tout le monde les définissait à Grigny.

grigny est en deuil amazone hexagone

 

Quelle mère de famille peut rester insensible face à la douleur que la perte d’un enfant inflige ? En tant que maman, ce tragique événement confirme qu’il est temps de quitter ce terreau. Bien trop fertile, lorsqu’il s’agit de briser des familles.

À Grigny, beaucoup de décès ont tristement rythmés nos vies. Ce double décès restera longtemps teinté d’une profonde amertume. La barrière de la loyauté a été entravé et bafoué. Qu’il est tristement vrai, cet adage qui dit que les meilleurs partent toujours les premiers. Et à travers la pitié de Dieu, puissent-ils reposer en paix.

grigny endeuillé amazone hexagone

Vous pouvez si vous le souhaitez apporter votre soutien à la famille.

Que pensez-vous des mentalités de notre société aujourd’hui ?

Selon vous, comment cette mentalité se répercute dans les banlieues ?

Comment percevez-vous la vie de banlieue ?

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L'amazone Odélya
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4 Commentaires

  1. 9 octobre 2017 / 5:37

    C’est à travers ton article que j’ai appris qu’il y eu quelques choses, plus précisément la mort de deux frères.
    Et après avoir lu ton article, j’ai essayé de savoir de quoi tu parlais exactement.
    J’ai donc épluché chaque article écrit par les journalistes. Et malheureusement on manipule notre société, au point de justifier la mort de ces jeunes par leurs casiers judiciaires.
    C’est aberrant, car nul n’a le droit de prendre la vie d’autrui sous aucun prétexte.
    Déballer leur casier judiciaire à pour but de faire croire à la population que ce sont des personnes mauvais pour la société.

    J’imagine bien la réflexion de certaines personnes de la haute société, si on peut dire , dépourvues d’empathie « voilà deux voyous débarrassés de la société».

    Au delà d’un casier judiciaire, ces deux jeunes étaient des enfants, des fils, des frères, de quelqu’un. Mais qu’importe, les journalistes s’en foutent de leurs proches. Tant qu’ils peuvent pondre des conneries pour vendre.
    Voilà la réalité de notre société.

  2. 9 octobre 2017 / 7:53

    Merci pour ces informations, je t’avoue que l’on fait parfois trop confiance aux médias. On devrait aussi chercher par nos moyens

    • L'amazone Odélya
      12 octobre 2017 / 9:51

      Oui tu as tout à fait raison, il est vachement important de rechercher l’information par nos propres moyens.
      Merci à toi , bises Johny

  3. Nadine D
    10 octobre 2017 / 1:05

    Force a la famille ce sont toujours ceux qui restent qui souffrent le plus. Quand aux medias, parler d eux serait leur faire la part belle tant que les mensonges font vendre qu importe le mal que l on peut faire a la famille deja brisee.
    Respect et force a cette famille. Les vrais sont avec vous. Que le temps apaise votre peine et votre coeur même si la blessure sera toujours la.

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